vendredi 16 novembre 2018

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Description du Projet REDD+

Le Togo est un pays à faible couverture forestière (6,8% de taux de couverture forestière en 2010) qui malheureusement a un taux élevé de pertes relatives de surface forestière dans le monde (5,1% entre 2000 et 2010).

Conscient de cette situation, le pays a intégré la REDD+ dans son plan national de développement pour permettre à la forêt et aux arbres hors-forêt de continuer par jouer un rôle socio-économique et écologique très important. C’est dans cette perspective que le ministère de l’environnement et des ressources forestières a mobilisé l’ensemble des acteurs clés pour élaborer le présent document du RPP REDD.  La forte tendance à la déforestation et à la dégradation des forêts du Togo justifie l’importance de la formulation d’une stratégie préliminaire REDD+ comme moyen d’atténuation et aussi d’adaptation au changement climatique mais surtout comme approche globale de développement en milieu rural. La candidature du Togo à l’adhésion au FCPF pour une mise à échelle des efforts de gestion durable des forêts présente plusieurs avantages :

  1. le Togo est un petit pays du point de vue superficie (56 600 Km2) où l’arbre est au centre de tout le paysage en milieu rural, il est de ce fait facile d’engager des actions REDD d’envergure nationale avec relativement peu de moyens, 
  2. l’ambition politique d’accroitre la couverture forestière nationale est manifeste et clairement exprimé dans les documents de politique et de stratégies nationales et de ce fait la REDD plus va au-delà du carbone et met au centre du développement les forêts et l’arbre hors forêt,
  3. le cas du Togo permet au FCPF d’expérimenter la REDD+ dans un pays à faible couverture forestière où la dégradation et la déforestation constitue un des défis majeurs du développement , de ce fait les expériences pilotes concrètes qui donneront des succès pourraient servir de cas d’école pour des pays aux contraintes similaires en vue de la mise à échelle du concept REDD+.

Pour ce faire, le Togo propose de développer cinq (05) axes stratégiques préliminaires qui seront affinés à la suite des études et des concertations nationales pendant la phase de la RPP. Ces axes stratégiques sont les suivants :

  1. agriculture performante adaptée au changement climatique et à faible émission de carbone,
  2. gestion durable des forêts existantes et accroissement du patrimoine forestier, 
  3. maîtrise des énergies traditionnelles et développement des énergies renouvelables,
  4. aménagement du territoire et réforme foncière,
  5. coordination intersectorielle et bonne gouvernance dans le secteur forestier.

Les principaux acteurs identifiés et qui ont activement participé au processus RPP-REDD+ au Togo sont :

  1. l’Etat représenté par le gouvernement et les services administratifs ; 
  2. les organisations de la société civile, la chefferie traditionnelle, les communautés locales, les élus locaux, les collectivités décentralisées
  3. le secteur privé,
  4. les femmes et les jeunes
  5. les partenaires techniques et financiers (PTF).

Ce processus est participatif selon une approche holistique qui tient compte de tous les aspects socio-économiques et écologiques tout en mettant les populations au centre de toutes les interventions. Il s’agit d’un processus prévu pour durer quatre (04) ans.

La R-PP du Togo vise quatre résultats principaux notamment 

  • un cadre institutionnel opérationnel et une expertise nationale qualifiée est développé pour conduire le processus REDD+ ; 
  • des études fiables sont conduites et des rapports de qualité sont produits sur le niveau de référence national des forêts ;
  • une stratégie REDD+ est validée de manière concertée avec tous les acteurs concernés ;
  • un système efficace de suivi et d’évaluation de l’évolution des ressources forestières au niveau national est mis en place.

Ces résultats seront obtenus à travers les activités développées dans les différentes composantes du R-PP REDD. On retiendra principalement les aspects suivants :

  1.   un montage institutionnel qui comporte trois niveaux
  • un comité national REDD+ qui est composé des représentants des institutions de l’Etat, des organisations de la société civile, du secteur privé, de la chefferie traditionnelle et des institutions de recherche. Le Comité national REDD+ est l’organe décisionnel. Il est présidé par le Ministre de l’Environnement et des ressources forestières ;
  • un groupe national de travail REDD+ qui est un organe d’appui technique au Comité national REDD+ composé des représentants des ministères clés et des Organisations de la société civile et se réuni trimestriellement. Il s’agit d’un organe de 13  membres qui assiste la coordination nationale et le comité national dans leurs activités ;
  • une coordination nationale REDD+ qui est l’unité de gestion opérationnelle. Elle est composée d’un coordonnateur national et des experts nationaux recrutés en fonction des différents volets de la REDD+. La coordination nationale REDD+ est l’organe opérationnel d’exécution qui travaille au quotidien sur le processus REDD+.

2.  une évaluation de l’utilisation des terres, de la loi forestière, de la politique et de la gouvernance forestières sera conduite pour aider le pays à identifier les principaux facteurs du déboisement et/ou de la dégradation ainsi que de la conservation, de la gestion durable des forêts et du renforcement des stocks de carbone forestier. Cette évaluation examinera les expériences passées en matière de gestion durable des forêts afin d’identifier des approches prometteuses pour la stratégie naissante de la REDD+. Cette analyse fournira également des données sur l’utilisation des terres et sur les autres tendances, ainsi que les principales leçons apprises, les défis et les opportunités pour relever ces derniers.

3.  une stratégie préliminaire REDD+ axée sur cinq options stratégiques préliminaires et qui doit être approfondie au cours du processus RPP-REDD+ pour apporter une réponse appropriée aux facteurs du déboisement et de la dégradation identifiés lors de l’évaluation et pour faire face aux défis de développement du secteur rural en lien avec les secteurs connexes.

 4.  un inventaire forestier national qui sera conduit en utilisant des images satellitaires nécessaires pour suivre la dynamique des écosystèmes forestiers et des missions d’inventaire sur le terrain pour vérifier et collecter les données nécessaire. C’est dans ce contexte que le Togo se propose de mettre en place une démarche méthodologique afin de développer un niveau de référence qui devrait prendre en compte la déforestation et la dégradation des forêts ainsi que les variations des stocks de carbone à l’échelle nationale (c’est-à-dire en dehors des forêts classées). Cette estimation va se baser sur des données de télédétection couplées aux missions de terrain, les bonnes pratiques et méthodologie du GIEC, pour déterminer de façon fiable l’évolution de la couverture forestière, la variation des stocks de carbone et l’identification des facteurs et des variables explicatifs de la déforestation. Le niveau de référence développera les éléments de base qui permettront aux politiques de réaliser les négociations internationales sur le mécanisme REDD+. Il servira ainsi d’outil d’aide à la décision permettant de fixer l’engagement du  Togo dans la REDD+ dans un cadre plus large de développement rural intégré.

 5.  un système MRV de la REDD+  qui prend en compte trois dimensions:

  1. le carbone/émissions et absorptions, 
  2. les facteurs de déforestation et dégradation des forêts classées et autres terres 
  3. les bénéfices autres que le carbone. Outre ces trois principales dimensions, le système de suivi permettra au Togo de rapporter les données et de vérifier la validité des résultats. L’approche retenue est d’impliquer tous les acteurs de manière participative, du niveau local (communal) et régional au niveau national.

6. une REDD+ qui apporte bien d’autres améliorations ou bénéfices dans plusieurs domaines tels la gouvernance, la situation économique, l’environnement et l’écosystème forestier (en termes de biodiversité, de qualité de l’air et de l’eau, de régulation des érosions, etc.), le développement rural y compris l’agriculture et les dimensions sociales (culturelles, sanitaire, etc.). Les bénéfices additionnels attendus sont entre autres:

  1. l’adaptation des communautés aux changements climatiques, 
  2. la disponibilité des ressources en eau,
  3. le renforcement de capacité, de l’éducation et de la culture environnementale, 
  4. l’amélioration des rendements agricoles,
  5. l’augmentation des services éco-systémiques ou des fonctions environnementales des forêts et les alternatives aux questions d’énergie biomassique.

La démarche REDD+ a proprement démarré par un atelier de renforcement des capacités des parties prenantes organisé en 2008 en vue d’informer tous les acteurs forestiers sur la REDD+. Une note conceptuelle du programme REDD+ a été à cet effet élaborée en 2009 pour servir de base de réflexion dans le processus de formulation du programme national d’investissement pour l’environnement et les ressources naturelles (PNIERN). En décembre 2009, le Togo a souscrit à la quatrième décision de l’Annexe 2 de l’Accord de Copenhague qui invite les parties signataires à se référer aux directives indicatives contenues dans l’annexe de la décision 2/COP.13 (paragraphes 7 et 11). En Mai 2010, le Togo a adhéré au Partenariat REDD+ lors de la conférence sur le climat et la forêt à Oslo. Par la suite, la REDD+ a fait l’objet d’intégration dans les programmes de développement du Togo qui ont fait aussi l’objet de consultations régionales et nationales. Des ateliers régionaux ont été organisés dans les cinq régions économiques du pays pour une plus grande appropriation du PNIERN avant sa validation nationale les 6 et 7 octobre 2010. Il s’en est suivi des séances de plaidoyers hors du pays à l’occasion des rencontres internationales sur l’environnement couronnées par une table ronde, en présence d’une trentaine de partenaires techniques et financiers, organisée à Lomé au Togo les 8 et 9 juin 2011. Parallèlement, le sous-secteur forestier a fait l’objet, plus spécifiquement, d’une large consultation des acteurs dans le cadre du processus de formulation du Plan d’Action Forestier National (PAFN) financé par la FAO entre 2010 et 2011. Les actions urgentes contenue dans le PNIERN et qui concernent la gestion durable des forêts ont été affinées lors de l’élaboration du PAFN. Un avant-projet de politique forestière qui renforce la déclaration de politique forestière adoptée en 2010 a été proposé au Gouvernement en 2012 avec la participation de tous les acteurs. Cette participation s’est faite à travers la mise en place d’un cadre permanent d’échange, des consultations, des sensibilisations, des ateliers régionaux d’analyse et de partage, des émissions radiophoniques, des formations en gestion durable des forêts (GDF) avec une forte implication des ONG locales. Par ailleurs, dans le cadre de l’exercice d’élaboration des priorités nationales à soumettre au financement de la cinquième reconstitution des ressources du Fonds de l’Environnement Mondial (FEM-5) pour la période 2010-2014 dans ces trois domaines focaux (Diversité Biologique, dégradation des terres et changement climatique), il a été organisé à travers tout le pays une large concertation des différents acteurs intervenant dans le domaine de la gestion de l’environnement en 2011 avec un accent sur la REDD+. Dans la poursuite de cette approche participative, une équipe restreinte de 15 membres dont les représentants des ministères clés, des ONG et du secteur privé a été mise en place en 2011 pour préparer le document RPP-REDD+. Ce groupe restreint qui a bénéficié d’un atelier de mise à niveau avec l’appui de l’OIBT et du PNUD et de la Suisse a permis d’élaboré une première version de document RPP. Par la suite le document de R-PP a été amélioré par la même équipe suite aux commentaires des personnes ressources et a fait l’objet d’une plus grande concertation avec tous les acteurs lors d’un atelier national qui s’est tenu les 8 et 9 Juillet 2013 à Lomé. La présente version soumise au FCPF a pris en compte toutes les recommandations des acteurs présents à cet atelier et des recommandations des Experts du TAP. Le budget global du processus de préparation à la REDD+ est évalué à  6 878 900 dollars US. Ce montant sera mobilisé auprès de quatre sources principales :

  1. l’Etat togolais à travers le ministère en charge de forêt contribuera en nature et en espèce à hauteur de 413 900 dollars US,
  2. les partenaires en développement déjà en action notamment la Banque mondiale à travers le projet gestion intégrée des catastrophes et des terres à hauteur de 1 289 000 dollars US,
  3. la GIZ interviendra pour un montant de 1 376 000 dollars US pour la réalisation de l’inventaire forestier national. (4) Le montant global sollicité auprès du FCPF est de 3 800 000 de dollars US.

 






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FAQs

Qu’est-ce que le REDD ?

 

Le REDD est un mécanisme international dont le but est d’aider à stopper la déforestation et le changement climatique. REDD signifie la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des Forêts dans les pays en développement.

Il s’agit d’un mécanisme incitant les pays en développement à protéger et mieux gérer leurs ressources forestières afin de contribuer à la lutte mondiale contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Les stratégies REDD+ font en sorte que les forêts sur pied aient une valeur plus grande que celles qu’on abat. La portée de la “REDD+” dépasse la déforestation et la dégradation des forêts et prend en compte la préservation et la gestion durable des forêts et le renforcement des stocks de carbone par la plantation d’arbres. Les activités de REDD+ énumérées dans la Seizième session de la Conférence des parties (Décision 1/CP.16) de la Convention cadre des nations unies sur les changements climatiques, au paragraphe 70 sont :

  1. Réduction des émissions dues au déboisement,
  2. Réduction des émissions dues à la dégradation des forêts,
  3. Renforcement des Stocks de carbone forestiers,
  4. Conservation des Stocks de carbone et
  5. Gestion durable des forêts.

Quand le REDD commencera-t-il?

1.0 

Dès que possible car une fois décimée, les forêts seront perdues pour toujours.

Quel en sera le cout?

1.0 

La question est cruciale, les estimations varient mais pour réduire la déforestation de moitié d’ici 2030 le REDD nécessitera des dizaines de milliards de dollars par an. Mais ne rien faire coutera bien plus chaque année.

Avis & Communiqués

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A propos de la REDD+

La Coordination Nationale REDD+ est l'un des trois organes chargés de gérer le processus REDD+ au Togo. Elle a pour rôle d'assurer la conduite opérationnelle du processus REDD+. Elle a été créée par decret N° 2016-007 du 25 janvier 2016 relatif aux organes de gestion de la REDD+ au Togo. Ce décret créé aussi le Comité National REDD+ qui est l'organe suprême de gestion du processus et le Groupe National de Travail REDD+. La Coordination Nationale REDD+ est sous la tutelle du Ministère de l'Environnement et de Ressources Forestières. Cette Coordination Nationale met actuellement en oeuvre le Projet de soutien à la Préparation à la Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation de forêts (P-REDD+). L'objectif de ce projet est de permettre à la forêt et aux arbres hors-forêt de continuer par jouer leur rôle socio-économique et écologique. Le but ultime est l'élaboration et la mise en oeuvre d'une stratégie nationale REDD+ cohérente et acceptée par tous.

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